Is It Home Yet?
- Claire

- Aug 27
- 5 min read
Every couple of days, while out walking, shopping, or simply asking for information, someone asks me where I’m from. It’s an easy and perfectly fair question, but right now, it somehow reminds me that no, I’m not quite home yet.
"Where are you from? I hear a British accent, but not only."
That is what Tali wanted to know this morning, while calling out to the women passing by to offer them samples. I walked over to see what she was handing out… but my accent distracted her, and her boss had to remind her that she was supposed to be working after all.
For some unknown reason, I told her she was probably hearing intonations from the languages I speak, and I mentioned Hebrew. She then turned to her colleagues and exclaimed in a joyous tone:
"It's OK, she is one of us! Ze beseder, hee me shelanu!"
Then she turned backa big grin on her face to me and started chatting in Hebrew. Hers totally fluent; mine missing words here and there, but she insisted my Hebrew was very good. ^_^ Tali was a sweetheart.
Her reaction though warmed my heart. After months of packing, moving into temporary places, and getting into a new appartment, there is always a moment when the energy drops. sometimes I go days without speaking to anyone outside home. When loneliness creeps in, it is easy to wonder: will I ever have friends here?
So I will grasp at any straw to feed my energy.
Yesterday, at the supermarket, I was trying to figure out how the whole ready-made food system worked. A woman was just finishing up, so I decided to ask her how to proceed. There was no one else around, and she seemed to be in a hurry, but what else could I do? She looked at me a bit oddly at first, but then kindly explained it all and, as she was about to leave, stopped in her tracks and told me her name.
Rhonda.
“You know, in case we meet again.”
Those were her words, and they felt like a hug.
I doubt we will. But who knows?
I know all the ways people find their tribes. Join a course. Find a job. Sign up for an activity. Talk to the neighbours. Become a regular somewhere. It is all on my list.
After all these relocations, I have noticed that some people are simply better at it than others. And it has nothing to do with being social or friendly.
Me, I have never been particularly good at being part of a large group. Even at school, I usually had one or two friends. We were somewhere on the sidelines rather than in the middle of the popular students.
So, now I am just in some emotional in between, between homes right now.
And I am always a little relieved when the conversation stops before the "So, where are you from?" question. I can spin it easily enough: I was born in France.
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I may be between homes right now, but at least the cheeses know exactly where they're from. The supermarket produce section: no crowd, thank God for Rhonda!
Le supermarché : de beaux étalages de fromages, de légumes, de fruits et bien plus encore… mais où est tout le monde ?
Ça y est? Tu t’y sens chez toi?
Tous les deux ou trois jours, au hasard de mes promenades, de mes achats ou simplement lorsque je demande un renseignement, quelqu’un me demande d’où je viens. C’est une question simple et parfaitement légitime, mais en ce moment, elle me rappelle, d’une certaine manière, que non, je ne me sens pas encore vraiment chez moi.
« Vous êtes d’où ? J’entends un accent anglais, mais il y a autre chose. »
C’est ce que Tali voulait savoir ce matin, tout en continuant d’apostropher les femmes qui passaient pour leur proposer des échantillons. Je me suis approchée pour voir ce qu’elle distribuait… mais mon accent l’a distraite, et son patron a dû lui rappeler qu’elle était tout de même censée travailler.
Pour une raison que j’ignore encore, je lui ai dit qu’elle entendait sûrement des intonations des langues que je parle, et j’ai mentionné l’hébreu. Elle s’est alors tournée vers ses collègues et s’est exclamée, d’un ton enthousiaste :
" Ça va, elle est des nôtres ! Ze beseder, hi me shelanu ! "
Puis elle s’est retournée vers moi avec un grand sourire et a commencé à bavarder en hébreu. Elle, totalement à l’aise dans sa langue maternelle ; moi, avec quelques mots qui me manquaient par-ci par-là. Mais elle insistait pour dire que mon hébreu était très bon. Tali était adorable. ^_^
En tout cas, sa réaction m’a fait chaud au cœur. Après avoir passé les derniers mois à faire des cartons, à déménager, à être hébergée dans des logements temporaires et finalement à m’installer dans un nouvel endroit censé devenir un « chez-moi », il y a presque toujours un moment où l’énergie retombe. Parfois, plusieurs jours passent sans que je parle à qui que ce soit en dehors de la maison. Et quand la solitude s’installe, il est facile de se demander : est-ce que je vais réussir à me faire des amis ici ?
Alors je m’accroche à la moindre petite chose pour nourrir mon énergie.
Hier, au supermarché, j’essayais de comprendre comment fonctionnait leur système de plats préparés. Une femme terminait ses achats, alors j’ai décidé de lui demander de l’aide. Il n’y avait personne d’autre autour et elle semblait pressée, mais qu’est-ce que je pouvais faire d'autre?
Elle m’a regardée un peu bizarrement au début, puis m’a gentiment tout expliqué. Et au moment de partir, elle s’est arrêtée, s’est retournée et en souriant, m’a donné son prénom : Rhonda.
" Vous savez, au cas où on se recroiserait. "
Ses mots. Ils m’ont fait un bien fou. Je doute que nous nous recroisions un jour, mais qui sait ?
Je connais toutes les méthodes classiques pour trouver une tribu : s’inscrire à un cours, trouver un travail, rejoindre une activité, parler aux voisins, devenir une habituée quelque part… Tout est sur ma liste.
Et après tous ces déménagements internationaux, j’ai aussi remarqué que certaines personnes sont tout simplement plus douées que d’autres pour ça. Ce n’est d’ailleurs pas qu’une question d’être sociable ou non.
Moi, je n’ai jamais vraiment fait partie d’un grand groupe. Même à l’école, j’avais généralement un ou deux amis, et nous étions plutôt du genre à rester à l’écart des élèves populaires.
Alors, pour l’instant, je suis simplement en transit émotionnel, entre deux chez-moi.
Et je suis toujours un peu soulagée quand une conversation s’arrête avant d’arriver à la fameuse question : " Alors, tu viens d’où ? "
Même si celle-là, je peux encore la contourner assez facilement : " Je suis née en France. "
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